Publié par : avenuecolombie | 13 novembre 2011

Les étudiants (dé)font la loi en Colombie

La Colombie est depuis longtemps un merveilleux laboratoire pour une mondialisation qui rime avec hyper-libéralisation. La dernière idée en date du Pdt Santos, la Loi 30, était de privatiser le peu d’universités publiques qui subsistent aux côtés des déjà nombreuses universités privées. Rien de bien original dans le fond si l’on regarde la tendance internationale mais là où ça devient passionnant c’est que d’une part les étudiants des universités privées se sont joint à ceux des universités publiques et que d’autre part la forme de protestation adoptée est profondément non-violente, axée sur le mot d’ordre « Non à la guerre, Oui au droit à l’éducation », ce qui tranche avec les révoltes étudiantes de ces dernières années qui tournaient souvent à la guérilla urbaine, certes très localisée, face à un pouvoir inflexible.

http://www.youtube.com/watch?v=BVKdxrBQTZY&feature=related

http://www.semana.com/multimedia-nacion/marcha-estudiantes/4538.aspx

Le mouvement n’est pas né de manière spontanée mais malgré tout le temps de réaction a laissé peu de place pour une longue réflexion sur la stratégie à adopter. Ce mouvement de protestation est donc atypique à plus d’un titre. Cette non-violence unanimement saluée par les médias et cette unité très inattendue a pris de court le pouvoir qui a retiré son projet de loi. A son habitude, Santos (pdt), expert en déminage, est allé jusqu’à ajouter que s’il était étudiant il aurait lui aussi manifesté ! Qu’on ne s’y trompe pas, si Santos fait tout pour se démarquer de l’image de Terminator d’un Uribé au registre plutôt limité, il ne faut pas prendre son nom au pied de la lettre. La rumeur dit que l’un de ses neveux, sur le point d’achever sa formation et ayant déjà une proposition d’emploi, lui aurait demandé une faveur de peur de tout perdre ! La plaisanterie n’est pas innocente : elle suggère que cette solution serait mieux acceptée de la population et surtout moins dangereuse pour le pouvoir que l’idée qu’une nouvelle forme de lutte basée sur la non-violence pourrait faire reculer le pouvoir, car ce ne sont pas les motifs de révolte qui manquent en Colombie. Quoiqu’il en soit il ne faut pas se faire d’illusions, comme pour le secteur de la santé, la tendance est à la marchandisation de l’éducation et à l’institutionnalisation du crédit longue durée via des fonds privés comme principale voie d’accès à une éducation de haut niveau.

La seule fausse note aux concert de louanges des étudiants est venue de Francisco Santos, ex-ministre de l’ère Uribe et cousin du président Santos, qui s’est dit en faveur de l’utilisation de la force pour mettre fin à la manifestation. Cette déclaration lui a valu une telle volée de bois vert qu’il a finalement présenté ses excuses. Encore une nouveauté.

Est-ce un phénomène éphémère ou le début d’un commencement d’éveil d’un pays dans lequel les déplacés et les familles de disparus ont bien du mal à faire reconnaître leurs droits et à entraîner derrière eux le reste de la société pour demander justice ? L’avenir nous le dira.

Il n’est pas interdit de mettre ce mouvement étudiant en parallèle avec ce qui s’est passé un peu partout dans le monde :

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :