Publié par : avenuecolombie | 11 avril 2011

Quid de l’éthique « bio » en Suisse ?

Bio Suisse est l’équivalent de notre FNAB, elle regroupe une trentaine de fédérations qui représentent les différentes chapelles formant l’agriculture bio version suisse, avec un cahier des charges pour plus petit commun dénominateur. L’affaire de l’huile de palme bio, venant du groupe colombien Daabon, comme celle que nous trouvons en France, permet là aussi de faire un test simple. Est-ce que l’ethique « bio » version suisse est aussi soluble dans  le profit qu’en France ? La réponse se devine aisément. Nous reproduisons ici un article de Sergio Ferrari paru dans le journal « Le Courrier de Genève« , le 15 mars 2011.

Expulsée de force, une communauté paysanne tente de revenir sur ses terres, aux mains d’un consortium lié à Bio Suisse. Le label assure que ce partenaire a quitté la région.

« Nous exerçons notre droit fondamental de revenir à nos champs, dont nous avons été dépossédés, comme la constitution et la loi nous en donnent le droit », indique une récente déclaration de l’Association des paysans de Las Pavas (ASOCAB).
Derrière cette décision, il y a une interminable histoire de dépossessions. Elle a débuté dans les années 1970, lorsque les paysans furent expulsés par de grands latifundistes, qui vendirent leurs parcelles à Jesús Emilio Escobar, parent de Pablo Escobar, l’un des plus grands barons colombiens de la drogue.

Depuis 2004, les familles revinrent petit à petit à Las Pavas et, en 2006, elles déposèrent une demande au Ministère de l’Agriculture pour faire reconnaître leurs droits de propriété. A ce moment, Escobar revint déloger les familles par la force, détruisit leurs récoltes et vendit le terrain au consortium El Labrador. Ce groupe, spécialisé dans la culture extensive de la palme, réunit les entreprises Aportes San Isidro SA et Tequendama (Daabon Organic).

« Nous ne prétendons pas envahir une propriété privée, ni commettre des actes violents ou illégaux », souligne le manifeste de l’ASOCAB. Ses porte-paroles insistent sur la profonde crise humanitaire subie par les paysans en raison du manque de nourriture. Et ils rendent responsables de cette situation les entreprises de palme, l’Etat et les groupes armées, « qui nient nos longues années de travail dans ces champs ».

« Bio » et expropriation sociale ?

Face à la pression des ONG et des associations suisses qui travaillent pour la Colombie, le label « Bio suisse » a cherché à se dégager par un communiqué de presse (décembre 2010) : « Le groupe Daabon a mis fin à la culture d’huile de palme dans la région de Las Pavas ».

« Non seulement le nom de Daabon Organic apparaît dans des documents officiels, mais cette entreprise a été aussi accusée de faire pression sur les membres de la communauté de Las Pavas, par des menaces et des tentatives de corruption », affirme Suhner.

« Las Pavas est un exemple clair de la manière dont l’agro-commerce de la palme s’est étendu et comment les droits des paysans et à la souveraineté alimentaire ont été bafoués. Le président Santos est-il prêt à rectifier cette situation ? Est-il possible d’équilibrer les désirs et l’industrie agro-exportatrice et les revendications paysannes en faveur d’une réforme agraire ? », se demande le porte parole du groupe de travail Suisse-Colombie.

De plus, le cas de Las Pavas « peut permettre d’estimer la position du gouvernement suisse, que nous avons informé sur la situation de cette communauté menacée ».
La terre et le territoire sont des aspects fondamentaux d’une solution au conflit armé dans ce pays sud-américain. Le gouvernement suisse appuie le programme SUIPPCOL de promotion de la paix en Colombie . « Et il devrait donc aussi appuyer les restitutions des terres comme élément-clé de la paix », souligne Suhner.

Sergio Ferrari

Les pratiques bougent, lentement mais sûrement (cf. page « produits bio sans huile de palme« ). En définitive  c’est le comportement de chacun, pas ses choix, qui fera le reste. Dès lors que la mention « sans huile de palme » est plus rentable que les économies réalisées en continuant d’utiliser ce produit de la honte, les transformateurs passent à l’acte. Les petits transformateurs n’ont pas grand-chose à y perdre et tout à y gagner. Chez les gros transformateurs, pour l’instant on observe, on lance une variante sans huile de palme sans tambours ni trompettes et on fait ses comptes. A vous de les aider à franchir le cap.

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