Publié par : avenuecolombie | 22 février 2011

Las Pavas : exigeons le retour immédiat !

Communiqué de l’association de paysans de Buenos Aires représentée par son directeur Misael Payares Guerrero, résidant à Buenos Aires, commune d’El Peñón, état de Bolívar Sud, Colombie.

 

Notre communauté a été victime d’un déplacement forcé par les groupes paramilitaires et le présumé baron de la drogue Jesus Emilio Escobar, ancien propriétaire de l’Hacienda Las Pavas, qui, après plusieurs années d’abandon de la ferme, où notre communauté avait établi des cultures vivrières, est réapparu pour nous expulser par la force et vendre ainsi la terre au groupe El Labrador qui se consacre au développement de la culture industrielle du palmier à huile. Ce groupe, composé des entreprises Aportes San Isidro SA et C.I. Tequendama S.A, qui fait partie du groupe économique Daabon, a provoqué le déplacement de la communauté en 2009 avec le consentement des autorités municipales, régionales et centrales, qui nous ont expulsé illégalement avec l’aide de la police nationale, perpétuant ainsi le crime de déplacement forcé.

Nous dénonçons devant l’opinion publique locale, régionale, nationale et internationale le fait que le groupe El Labrador a mis en danger la vie et l’intégrité physique de notre communauté en diffusant dans les mass-médias un communiqué dans lequel ils nous accuse d’envahir illégalement et clandestinement l’Hacienda Las Pavas et nous accuse aussi de violer le droit au travail des travailleurs de la palme ainsi que la paix dans la région.

Cette déclaration n’est qu’une diffamation et une tentative de criminalisation d’ASOCAB. Ce n’est qu’une des stratégies utilisées par ce groupe pour violer les droits de notre communauté et nous empêcher d’exercer notre droit fondamental de retour à nos terre. Nous n’avons pas l’intention d’envahir la propriété privée ou de nous livrer à des actes violents ou illégaux, nous sommes des paysans vivant une profonde crise humanitaire aggravée par la pénurie alimentaire résultant de la spoliation perpétuée par les entreprises de palmiers, l’Etat et les groupes armés qui nient les droits que nous avons acquis par de longues années de travail à la ferme. La crise a été aggravée par l’abandon total de l’Etat et la vague hivernale qui a duré plusieurs mois et qui a détruit le peu de cultures que nous conservions.

Cette situation ne nous laisse pas d’autre option pour la survie de plus de 600 personnes qui constituent ASOCAB, que d’exercer notre droit fondamental à reprendre les terres dont nous avons été expulsés, comme l’autorise la constitution nationale et la loi, ce que nous avons déjà déclaré publiquement, y compris sur une grande chaine de la radio nationale. Nous confirmons que nous allons exercer notre droit au retour et dénoncer ce que fait le Groupe El Labrador en essayant de dénigrer les politiques actuelles du gouvernement qui vise la restitution des terres aux paysans colombiens qui ont été victimes de spoliation.

On ne peut que regretter l’attitude du groupe économique Daabon qui a dit publiquement qu’il n’a plus aucun intérêt dans la Hacienda Las Pavas car il n’est plus propriétaire du bien, cependant quand on vérifie les documents de propriété, il continue bien à être aussi le titulaire. En plus de cela, le groupe Daabon a lancé deux actions auprès des tribunaux de Mompox, Bolivar, dans le but de saisir une partie de l’Hacienda sur laquelle nous avons des droits en tant que propriétaires et terrain en friche de l’Etat, comme nous l’avons signalé et prouvé à l’INCODER.

Ainsi, il est clair que Daabon continue à être le responsable de notre spoliation et complice de notre déplacement forcé.

Nous dénonçons également la stratégie d’intimidation qu’a mis en place le groupe El Labrador contre notre communauté, résumée par les faits suivants:

  • Présence de personnes extérieures à la communauté dans le village de Buenos Aires, au comportement suspect et qui surveillent en permanence les dirigeants d’ASOCAB

  • La présence de M. MARIO MARBRE, qui se dit un employé du Groupe El-Labrador alors que c’est un paramilitaires connu, qui plus est qui a participé au déplacements forcé dont nous avons été victimes en 2003. Maintenant il parcourt Buenos Aires armé, exigeant de certains membres de la communauté qui ont réussi à maintenir quelques cultures d’abandonner la terre, en leur disant qu’Asocab ne va pas gagner la bataille avec le Groupe El Labrador et en les menaçant de mettre du bétail dans leurs cultures.
  • Des menaces proférées par l’avocat du groupe El Labrador, M. Danilo PALACIOS, contre le chef de notre association et instituteur du village, Eliud ALVEAR, dans lesquelles il le prévient que s’il ne se retire pas d’ASOCAB il perdra son poste d’enseignant. A cela s’ajoute une persécution constante dans son travail par le recteur de l’institution scolaire, M. Luis Villamil, qui est aussi un allié des entreprises de palme.

  • L’incendie du salon commun que nous avons construit comme lieu des nos réunions

  • La tentative de diviser notre communauté à travers la corruption, le chantage, l’offre clandestine des cadeaux et l’offre de travail dans les plantations de palmiers, tout ce qui peut être utile pour éviter que nous exerçions nos droits

Toutes ces actions montrent que ceux qui sont vraiment dans l’illégalité ce sont les entrepreneurs du groupe El Labrador, ce qui génère de l’anxiété, de la détresse et de la terreur dans notre communauté, parce que nous sommes des gens pacifiques et nous craignons pour notre sécurité physique.

Il est également nécessaire de signaler que ces entreprises ont causé des dommages environnementaux irréparables dans la région et que maintenant ils ont l’intention de construire des murs pour entourer l’Hacienda Las Pavas ce qui ferait obstacle à l’écoulement des eaux pendant les saisons des pluies ce qui en retour provoquerait des inondations dans la région habitée, et condamnerait ainsi à la disparition Buenos Aires et ses habitants. L’autre projet vise à mettre en œuvre la canalisation des marais de Mata Perros, éliminant ainsi l’une des zones de pêche à la disposition de la région, aggravant ainsi la crise alimentaire et accélérant le déplacement non seulement d’ASOCAB mais de tous les résidents de la zone.

D’autre part, nous voulons faire appel au général Oscar Naranjo, directeur général de la police Nationale pour qu’il examine les actions de ses hommes, qui au lieu d’assurer notre sécurité pour le retour, comme il est requis par la loi, se sont mis au service du groupeEl Labrador. Comme s’ils étaient une entreprise de sécurité privée, ils ont patrouillé et encerclé pendant plusieurs jours l’Hacienda Las Pavas, empêchant tout accès, ce qui rappelle aux enfants le traumatisme psychologique qu’avait généré l’action de la police le 14 Juillet 2009 avec des armes de guerre pour nous expulser de nos terres. Il est nécessaire que la police se rappelle que son obligation constitutionnelle c’est de protéger la population et non ses agresseurs.

Enfin, nous exprimons notre surprise face à l’attitude de l’ INCODER et du ministère de l’Agriculture, après les déclarations de M. Juan Camilo Restrepo, ministre de l’Agriculture, dans un article paru le 3 Novembre 2010, publié dans un journal prestigieux d’envergure nationale, où il a durement critiqué les entrepreneurs qui s’opposent à la restitution des terres aux paysans, en citant l’exemple de la décision de la multinationales The Body Shop qui a rompu des relations commerciales avec le groupe Daabon pour ne pas avoir résolu le conflit avec notre association. Mais à ce jour, ni le ministère de l’Agriculture, ni l’INCODER n’ont prpoposé des solutions de fond à notre cas particulier.

Nous déclarons que nous ne sommes pas des criminels, que nous ne violons aucun droit au travail. Nous sommes des paysans avec notre dignité, nous sommes une communauté pacifique et chrétienne, nous respectons les droits de l’homme et à cet égard, nous invitons le gouvernement colombien, le groupe économique Daabon et le groupe El Labrador à adopter une attitude similaire.

Nous remercions toutes les organisations et les communautés de solidarité d’envoyer au ministre de l’Agriculture, le gérant de l’INCODER, au vice-président de la République, au chef de police nationale, au Directeur national de l’action sociale, au gouverneur du département de Bolivar, à la Cour Constitutionnelle et au maire de la municipalité d’El Penon les communications d’appui aux revendications légitimes d’ASOCAB.

Cordialement,

Ministère de l’Agriculture :

despachoministro@minagricultura.gov.co

Vicepresidencia :

contactovicepresidencia@presidencia.gov.co

Incoder :

jmospina@incoder.gov.co

Blog de las Pavas :

http://retornoalaspavas.wordpress.com

 

Ceux qui prennent le train en marche pourront se référer aux articles précédents introduits à la page « Huile de palme bio ». Le présent communiqué sera bientôt suivi d’un autre article.

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